"Les relations entre la France et l'Azerbaïdjan sont excellentes..."


L'Ambassadrice de France en Azerbaïdjan, Mme Aurélia Bouchez
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" L'Azerbaïdjan est le premier partenaire économique de la France dans le Caucase du Sud"

Nous présentons un entretien avec l'Ambassadrice Extraordinaire et Plénipotentiaire de France en Azerbaïdjan, Mme Aurélia Bouchez.

- Madame l'Ambassadrice, les relations diplomatiques entre l'Azerbaïdjan et la France existent déjà depuis 26 ans. Que diriez-vous brièvement concernant les relations entre les deux pays pendant  cette période?
- Les relations entre la France et l'Azerbaïdjan sont excellentes, de même que le dialogue politique et les échanges économiques, et couvrent aussi d'autres domaines, y compris la culture, la science et l'éducation.
Compte tenu de réunions régulières entre les chefs de nos deux pays, de réunions interministérielles ainsi que du rôle de la France intervenant comme coprésident du Groupe de Minsk, le dialogue politique est d’un excellent niveau. L’Ambassadeur Stéphane Visconti, Co-Président du groupe de Minsk s’est rendu dans cette région.
La France est pleinement attachée au règlement politique du conflit du Haut-Karabakh.
Le dialogue politique de haut niveau entre les deux pays est valable et ouvert à tous les sujets, principalement aux questions régionales et internationales.
On travaille activement à la coopération dans le domaine de l'éducation avec les institutions et universités de l'Etat azerbaïdjanais, œuvrant ainsi ensemble pour l'avenir de la jeune génération du pays.
Nous travaillons activement à la coopération dans le domaine de l’éducation avec les institutions de l’État et les universités azerbaïdjanaises. De  cette façon nous  œuvrons ensemble dans l’intérêt de la future génération du pays. Nos relations économiques sont principalement axées sur les technologies de pointe.
Je suis convaincue que la poursuite des réformes économiques engagées par la volonté de  Président Ilham Aliyev encouragera des investissements du secteur non pétrolier, en particulier dans les domaines du transport, de l'environnement et de l'industrie alimentaire.
Dans ces secteurs, les entreprises françaises ont déjà signé des accords importants et souhaitent renforcer leurs activités.
Nous devons également souligner le grand potentiel de coopération entre les villes de France et d'Azerbaïdjan sur la base d'accords de "villes sœurs".
Je suis heureuse que cette année nous ait donné l'occasion de célébrer le 100e anniversaire de la 1ère République d'Azerbaïdjan qui était  proche de la III République Française et  qui à cet égard a légué un précieux héritage à l`Azerbaïdjan.  
- Lors de la visite du Président de l'Azerbaïdjan en France en juillet, de nouveaux contrats ont été signés entre les sociétés des deux pays. Comment décririez-vous les relations culturelles et humanitaires dans le contexte d'une vaste coopération économique? Comment voyez-vous la contribution du Lycée Français et de l'Université Franco-Azerbaïdjanaise opérant à Bakou dans ces relations?
- Sans aucun doute, cette année l'aspect le plus important de nos relations bilatérales a été la visite du Président Ilham Aliyev à Paris les 19 et 20 juillet.
La rencontre entre les présidents français et azerbaïdjanais a permis d’aborder de nombreuses questions bilatérales et régionales.
Le Président de l'Azerbaïdjan a rencontré le Président de l'Assemblée nationale François de Rugy et  le Président du Sénat Français Gérard Larcher, ainsi que des  chefs d'importantes entreprises telles que “Thales International”, “TOTAL”, “Airbus Group”, “SUEZ”, “Bouygues Travaux Publics”, “SADE”, “CIFAL” , “IVECO France”, “Rothschild & Co”, “Wilmotte & Associates”, “Naval Group” et Thierry de Montbrial, directeur général de l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI).
Tout cela montre l’intérêt des entreprises françaises à l’égard de l`Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan est le premier partenaire économique de la France dans le Caucase du Sud.
Les entreprises françaises sont bien positionnées dans les domaines du pétrole, du gaz et des produits pétroliers, de l’agriculture, de la banque, des télécommunications, des transports, de l’urbanisation et du tourisme. Ils contribuent à la diversification réussie de l’économie azerbaïdjanaise.
Notre partenariat bilatéral dans les domaines de l’éducation et de la culture est mis en œuvre avec succès et c’est un exemple précieux. En septembre 2017 l'ouverture solennelle du nouveau bâtiment de l'Université Franco-Azerbaïdjanaise (UFAZ) s'est tenue à Bakou. L'ouverture a été officiellement annoncée par les présidents de l'Azerbaïdjan et de la France en mai 2014 à la suite de la coopération entre UNISTRA - Université de Strasbourg en France et l'Université d'État du Pétrole et de l'Industrie d'Azerbaïdjan. Des cours de chimie, de géophysique, d'informatique et de génie pétrolier sont dispensés et les étudiants acquièrent ainsi des diplômes reconnus par les deux pays.
Le lycée français de Bakou (LFB), inauguré en 2014 par les présidents des deux pays, est le résultat d'un partenariat entre le Ministère de l'Éducation Nationale de France et SOCAR.
Le lycée, composé principalement de personnel de l’Education Nationale française, fournit un enseignement de qualité, dispensé en français aux enfants de familles azerbaïdjanaises et étrangères.
Le programme d'enseignement est conçu pour permettre la formation continue en Azerbaïdjan, en France, dans les pays francophones ou dans des pays anglo-saxons.
En outre, il faut noter l'activité de l'Institut Français en Azerbaïdjan (IFA). Sa mission consiste à développer l'enseignement et la propagation de la langue française, à organiser des événements entre l'Azerbaïdjan et la France et à mener des échanges dans la domaine culturel. L’IFA est la principale organisation d’enseignement du français en Azerbaïdjan. En même temps c'est le seul organisme chargé de l`organisation des examens pour obtenir des diplômes d’enseignement de la  langue française (DELF, DALF, TCF).
- La France accueille de nombreux  événements culturels liés à l'Azerbaïdjan. Ces événements sont organisés sur la base de projets de la Fondation Heydar Aliyev, avec la participation du Ministère de la Culture de l'Azerbaïdjan, dans le cadre des programmes de l'UNESCO. Dans quelle mesure les Français connaissent-ils la culture azerbaïdjanaise, comment se développent les relations dans ce domaine?
- Notre coopération dans le domaine de la culture est très dynamique et caractérisée par une double approche. Tout d'abord, nous essayons de représenter la France dans des événements culturels de haut niveau organisés par l'Azerbaïdjan.
Par exemple, depuis sa création, nous soutenons le Festival de Jazz de Bakou, auquel participent des jazzmens français. Lors du festival de cette année, le trio de jazz  de Jean-Christophe Cholet, célèbre pianiste a réalisé une performance réussie le 20 octobre à Bakou.
Nos créateurs de mode Jan-Claude Jitrois, Christophe Guillarmé et Patrick Boffa participent à «Azerbaïdjan Fashion Week” depuis trois ans déjà.
Nous avons contribué au développement de la bonne coopération musicale entre le chanteur de jazz français Pierre de Trégomain et le chanteur de Mugham Gotchaq Asgarov. Ils ont effectué une tournée en Europe et en Chine de laquelle ils sont revenus après avoir remporté un vif succès. Ils ont récemment assisté au Festival de Nassimi à l'invitation de la Fondation Heydar Aliyev. En 2017, le réalisateur français est devenu lauréat du Festival du Films de Tourisme de Bakou et l'un de nos cinéastes a récemment remporté un prix au festival du film documentaire «BakuDoc».
L'ambassade de France en Azerbaïdjan et notre centre culturel l’Institut français, mènent un certain nombre d’initiatives en faveur d’une reconnaissance plus étroite de notre culture et de notre langue. Auprès du public azerbaïdjanais, nous travaillons aussi à présenter la France comme destination touristique.
Chaque année, le 21 juin, en France ainsi que dans le monde, avec la participation de nos ambassades, se tient dans de nombreux pays, le Festival de la musique (Fête de la Musique). Cette année, nous avons réussi à la rendre populaire en l'intégrant dans la liste des événements culturels importants à Bakou. À l'avenir, nous espérons organiser le festival dans d'autres villes du pays.Nous présentons l'héritage culturel d'environ 10 pays dans le cadre « Des Semaines de la Francophonie», événement qui a lieu chaque mois d'avril. L'événement «Goût de France» organisé dans plusieurs restaurants à Bakou est une excellente occasion de découvrir la gastronomie française et le mode de vie «à la française». Le projet "Mon cinéma français", présenté cet été par des célébrités de la culture azerbaïdjanaise, a permis aux cinéphiles de découvrir les films français les plus célèbres.
Prochainement  à Bakou, dans Le Musée National des Arts se tiendra l`ouverture d’une exposition mettant en lumière les résultats de décennies de coopération en matière d'archéologie entre les deux pays.
Enfin, nous serons heureux de contribuer au développement du Centre du livre de Bakou (“Baku Book Center”) en organisant tous les mois des événements culturels gratuits (réunions avec des écrivains, séances de cinéma, soirées musicales).
Tous ces événements sont des perspectives nous permettant de nous découvrir mutuellement et nous sommes contents que de plus en plus de gens s`impliquent dans de tels événements. Nos personnalités créatives sont émerveillées par l'Azerbaïdjan, son ancienne culture, le désir de votre peuple de préserver la diversité culturelle dans votre pays et dans le monde.
- Dans quelle mesure connaissez-vous la musique et la littérature azerbaïdjanaises?
- En général, j'ai eu l'occasion de faire plus ample connaissance avec la musique et la culture de l'Azerbaïdjan depuis mon arrivée dans votre pays. J`avoue  que je ne peux nommer que très peu de représentants de la littérature azerbaïdjanaise. Mais je peux partager mes impressions sur la musique azerbaïdjanaise. Les premiers contacts avec votre musique l’ont été lors d'événements culturels. La musique azerbaïdjanaise, en particulier le mugham, est pour moi un monde exotique et féerique. Comme vous le savez, le chanteur Gotchaq Asgarov donne souvent des concerts en France.
C’est à Alim Gassimov que je dois d’aimer cet art. Il y a une grandeur dans cette musique. J'écoute avec plaisir des extraits de musique classique et, en un mot, la musique azerbaïdjanaise m'a fascinée grâce à lui.  

Propos recueillie par: Lala Azéri

http://medeniyyet.az/page/news/46213/Fransanin-yaradici-insanlari-Azerbaycanin-qedim-medeniyyetine-valeh-olublar.html